Maison des Huit-Prêtres

 

Si un jour vous vous aventurez à Douai, et plus précisément du côté de la Collégiale Saint-Pierre, vous tomberez surement, juste devant, sur une très vieille maison, la plus vieille de la ville, avec son style qui dénote totalement avec les autres bâtisses de la rue.

Construite au cours du XIVe siècle comme dépendance de l’hôpital des Huit-Prêtres, fondé en 1329 par Marguerite Mulet “dite Baudane”, elle est le dernier vestige des maisons à pans de bois  dans la ville, qui était en vogue à l’époque. Elle servait de logement pour le clerc qui s’occupait de la chapelle du dispensaire, mais était destinée à accueillir « huit prêtres indigents » si on en croit le testament de la fondatrice. Officiellement, sa toute première mention est faite dans les comptes de la fondation en 1356.

Avec le temps, le bois laissa la place à la brique, le grès, la pierre blanche et les toits en tuiles se généralisèrent, ce qui rendait le faîtage perpendiculaire aux rues obsolète. Au cours du XVe siècle, l’arrière de la maison fut entièrement reconstruit avec ces matériaux, tout en gardant intact la façade, le dispensaire quant à lui, fut rénové en 1519.

Suite à la Révolution, l’hôpital, toujours aussi ecclésiastique fut reconverti en habitations et vendu comme bien national, la chapelle détruite et la dépendance transformée en commerce. D’après certains dire d’ailleurs, peu de temps après ce changement, un estaminet s’y installa.

Auparavant voisine de la célèbre Maison des Rémy, elle fut miraculeusement sauvée des bombardement, à contrario du “joyau” de la cité qui, après sa restauration sous le Second Empire, avait déjà subit un incendie de la part des troupes Allemandes en 1918 avant de disparaître en 1940. Les habitants parlent d’une modestie salvatrice (ou comme on pourrait dire de nos jours, “c’est le karma”).

D’après les célèbres photographies de Victor Bufquin, avant 1951, après avoir été une petite gendarmerie, le local fut occupé par le café “Au Chalet Normand”. Puis, dès les années 1960, c’est l’enseigne “Bazar à 100 Francs” qui s’y installa, commerce conceptuel qui suivait la mode des Variety stores largement développés auparavant aux USA et au Japon.

Pendant les années 1990 et 2000, le lieu était occupé par une imprimerie jusqu’à sa fermeture. Depuis le lieu est abandonné, mais il fut racheté par la ville en 2018.

© Les photos présentes dans cet article sont protégées par le droit d’auteur.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *