Cristallerie VSL

Accessibilité
50%
Dangerosité
50%
Etat
50%
Intérêt
60%

« La clarté du cristal, la pureté du diamant. »

Pas si perdu que cela, cette cristallerie abandonnée, situé au pied d’un musée à son effigie, construit dans les anciens bureaux, reste depuis des années un lieu populaire de l’Urbex et ne bouge que très peu… à vrai dire il n’y a pas grand chose qui peut réellement disparaître ou apparaître autre part.

DÉCOUVERTE

Comme dit précédemment, ce lieu est assez prisé de l’Urbex, connu depuis un très long moment, l’occasion ne s’était jamais présentée de le visiter, pour la simple raison que je pensais le lieu plus mort et/ou reconverti.

HISTOIRE

Érigées en 1826 sur l’emplacement d’une ancienne abbaye,  au début de la production, elle comportait que des fours à bois. Ils furent rapidement remplacés, en 1836 par des fours au charbon qui étaient beaucoup plus rentable et répandus dans cette région.

En 1839, la société commence à creuser sur le marché mondiale en traduisant son catalogue en cinq langues et exportant dans le monde entier. La technique évolue, les pièces sont soufflées dans des moules à presse pour permettre d’imiter comme jamais et à moindre coût les articles taillés.

En 1843, s’inspirant des sociétés des mines et autres grandes usines, l’entreprise fait construire, dans les alentours, des maisons, cliniques et écoles pour leurs employés et leurs familles. L’évolution se poursuit toujours avec l’amélioration et l’innovation de certains procédés; la coloration, la taille, l’inclusion de filigranes.

Malheureusement, entre 1848 et 1850, l’exportation est au plus mal et la production est ralentie, mais dès la fin de cet épisode creux, le chiffre d’affaire augmente considérablement, les techniques évoluent encore avec l’arrivée d’un Four Boëtius en 1870. L’entreprise est toujours à la pointe de la technologie, rapidement, l’éclairage électrique est installé, en son sein gît un petit nombre de salles d’expositions, magasins, ainsi qu’une usine à gaz et des chemins de fer.

Avec le renouveau stylistique du verre, et l’arrivé de l’Art Nouveau, la cristallerie s’adapte, elle voit un bon nombre d’artistes et architectes venir y travailler, comme Gustave Serrurier-Bovy, où il fusionne le laiton au cristal. Dès 1900, la production a doublée et plus de 90% est exportée, l’entreprise compte alors 5000 personnes. Mais tout s’arrête en 1914 avec la Première Guerre Mondiale, pendant quatre ans les fours sont coupés et plus rien ne sort. Il faudra attendre le lendemain de l’Armistice pour que tout reprenne, la société sera en difficulté jusqu’en 1921. Date où on verra pour la première fois la grève.

Suite à l’apparition de la Galvanoplastie, l’entreprise fête ses cent ans avec la présence du prince de l’époque, Léopold III et la décoration de plusieurs ouvriers. Malheureusement, en 1930, avec la démocratisation de la mécanisation et l’automatisation, le verre de luxe est en difficulté, baisse du chiffre d’affaire aussi provoquée par le krach de Wall Street. Le marché du verre est plus facilement délocalisé, notamment en Tchécoslovaquie, où la mains d’oeuvre est moins chère. C’est alors qu’une nouvelle « marque » est lancée, s’inspirant des pièces moulées antérieures de la société qui étaient depuis les années 1920 surtout orienté dans un style Art Déco à la mode à l’époque. Dès 1938, avec cette nouvelle gamme, le catalogue s’élève à un peu moins de 3000 pièces.

Cette nouvelle gamme, complètement orientée Art Déco, propose plusieurs thème populaires, dans un style graphique et épuré strict. Le tout dans des tons pastels, noirs, opales,… faisant penser à du Lalique. Le seul défaut de celle-ci était sa lancée tardive dans le style.

Ne souffrant aucunement de la Seconde Guerre Mondiale, la production perdure malgré quelques moments difficiles et juste après guerre, la société voit sa gamme de 1930 avoir beaucoup moins de succès, malgré qu’elle reste jusque dans les années 1960. Par ailleurs, d’autres styles font leur apparition, plus épurés, étirés, demandant moins de mains d’oeuvre.

L’âge d’or était donc passé, malgré que la société reste prestigieuse, sa puissance baisse au fur et à mesure, un peu à l’image des industries du XIXe siècle de la région. Certains services se déclinent pour ne produire que des vitraux pour les bâtiments publics et religieux contemporains. Au début des années 1970, l’état financier est catastrophique mais l’Etat Belge, croyant toujours en cette cristallerie, en devient actionnaire… en vain. En 2005, l’entreprise entre en bourse sans grand succès, les reprises se succèdent, mais dès 2008 une très grande partie des bâtiments sont abandonnés, en 2013, un musée est érigé pour pouvoir augmenter les profits.

De nos jours, il ne reste que le musée, une partie reconvertie en immeuble d’habitation, et une petite partie encore utilisée par un peu moins de 50 ouvriers travaillant le verre. Tout le reste est à l’abandon.

IMPRESSION

Je n’espérais même plus la faire, et à vrai dire, ça m’étais complètement indifférent, je pensais simplement qu’elle était rénové. C’est par pure curiosité que nous nous sommes retrouvé à explorer ces bâtiments, qui, bien que délabrés, possédait tout de même un charme incomparable. Première ancienne cristallerie explorée, c’était tout de même quelque chose de réellement impressionnant à visiter, malgré un bon nombre de pièces très vides, certaines parties très sombres était encore meublés et présentaient de rares vestiges de verreries par endroit. De plus, l’histoire du lieu est assez intéressant et développée en presque deux cents ans.

Merci à Laurine!

© Les photos présentes dans cet article sont protégées par le droit d’auteur.

 

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