
Située entre l’avenue du peuple Belge et la porte de Gand à Lille, l’église Sainte-Marie-Madeleine, aussi appelée « La Grosse Madeleine », est l’une des curiosités cachées de la ville les plus surprenante. En effet, cet édifice religieux construit en 1675 en forme de croix grecque surplombé d’un dome monumental octagonal à lanterneau abrite, depuis 2006, « God Hungry » une installation de l’artiste Indien Subodh Gupta.
Construite par l’architecte Lillois François Becquin, l’église était tout d’abord intégrée au quartier du vieux Lille suite au extension et fortifications de Vauban. Construite suivant le style Baroque, elle intègre tout de même des éléments et matériaux Flamands, comme la pierre de Leffrinckoucke ainsi qu’un décor du maître-autel peint par Arnould De Vuez dans un style rappelant l’académie romaine, qui était alors peintre officiel de la ville. Oeuvre représentant Marie-Madeleine sous la forme d’apôtre, sujet rare à cette époque, accompagnée d’une foule divisée entre stupeur et admiration. Abandonnée en 1989 par l’église et désacralisée, le lieu reste abandonné jusqu’au début des années 2000 avant d’être rachetée par la ville, pour, dans un premier temps, servir de lieu d’exposition pour Lille 2004, en vain, puis enfin accueillir l’oeuvre qui nous intéresse à partir de 2006 pour la saison culturelle Bombaysers, la première de Lille 3000, saison qui présenta, sur la rue Faidherbe, de fameux Elephant que nous connaissons bien.
Prenant possession de l’église, cette oeuvre de Subodh Gupta entre complètement en dialogue avec la structure, véritable cascade de vaisselle en inox, elle repose sur le grandiose et les jeux de lumières en occupant le chœur et profitant des puits lumineux proposés par le lanterneau du dôme. Cette accumulation d’objet représente à la fois le temple de la consommation domestique en Inde grâce aux casseroles, tiffins et thalis, devenant une dévotion et interrogeant sur la sacralité d’aujhoud’hui entre religion, vide spirituel et marchandise, mais aussi montre une vanité contemporaine, au cœur d’un édifice désacralisé, quelque temps abandonné, ça montre une faim globale, une surconsommation mais peuplée d’ustensiles vides. Des thèmes que l’artiste a beaucoup utilisé, notamment aussi avec « Very Hungry God ».
Malheureusement très rarement ouverte, sa visite est possible, souvent, pendant les journées du patrimoine.
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