Quincaillerie Tréca

Curiosité
50%
Architecture
80%
Intérêt
80%

« Au delà des nombreux escaliers, le fer forgé rapporte une touche ancienne au renouveau futur de ce bâtiment.  »

A Douai, en face de l’hôtel de ville se trouve un bâtiment construit après la Première Guerre Mondiale, un chef d’oeuvre d’architecture inspirée Eiffel et des grands magasins modernes Parisiens. Dont l’intérieur fut malheureusement caché pendant un petit nombre d’années à cause d’un incompréhensible magasin EDF…

DÉCOUVERTE

Bien connu dans le Douaisis pour son ancienne enseigne, l’immeuble Tréca (si on peut l’appeler comme cela), est un chef d’oeuvre d’architecture emblématique enfuit dans l’extrême centre de Douai, il se démarque d’ailleurs, dans cette rue, face aux bâtiments de style Douaisien classique et autres bâtisses Art-Déco.

La visite, qui est assez différente de ce que j’officie habituellement, était assez agréable avec ses explications historiques et techniques, et, après être passé dans un très ancien escalier en bois qui sera clôturé à l’ouverte prochaine du Furet du Nord, nous laissa place à un spectacle unique dans Douai, l’intérieur partiellement rénové était magnifique à observer et à identifier. Même avec les nouveaux escaliers, installés pour accéder au deuxième étage, l’effet y est. L’immensité de ce local était juste incroyable.

HISTOIRE

Jadis, était installée dans cet immeuble de la rue de la mairie, la Quincaillerie Tréca, une entreprise familiale qui œuvrait depuis 1815 dans trois bâtiments, de ce même emplacement, qui furent détruits pendant la Première Guerre Mondiale. Elle fut fondée par Antoine Tréca, un Avocat et Notaire Douaisien du XIXe siècle, puis fut reprise par son fils Paul, et enfin son petit fils Jules jusqu’à sa mort prématurée en 1919, c’est à ce moment que sa veuve, qui était alors aux rênes du commerce entama la construction d’un immeuble d’un nouveau genre dans ce centre ville ravagé, un immeuble de style grand magasin Parisien mais aussi, et en grande partie, de style inspiré Eiffel.

Ce magasin eut un passé prospère et riche pendant de longues années, se faisant une dure réputation dans la vente d’électroménager, chauffage et quincaillerie en tout genre. De même, les locaux étaient vastes, proposant 2000 m² lumineux avec un magnifique atrium, observable depuis le rez-de-chaussée et les escaliers, éclairé au crépuscule depuis le toit.

Rooftop d’ailleurs, qui proposait aussi un studio pour le directeur du magasin qui devait être largement inspiré des appartements New-Yorkais avec de grandes baies vitrées et de larges pièces. Aujourd’hui, nous ne savons pas ce qui va en devenir. En bref, c’était le parfait commerce urbain des années folles rivalisant facilement avec l’Hôtel de Paris ou l’Homme de Fer.

L’enseigne ferma en 1972 emportant avec elle l’imposante et magnifique porte et laissa place à divers commerces jusqu’au milieu des années 1980 où un magasin de chaussure s’installa, qui fini, lui aussi par fermer en 2012 pour laisser place à un très étrange magasin EDF, qui massacra, littéralement, toute l’architecture intérieure pour laisser place à une ventilation des plus horribles. Puis parti du jour au lendemain pour laisser le local vide… Ce n’est qu’en fin 2017 que la ville racheta l’immeuble pour le rénover et le redécouvrir grâce à l’architecte Benoit Sailly, qui avait déjà officié sur l’Hôtel d’Aoust. Il laissera place, en Avril 2019, au Furet du Nord, qui était (et est toujours, pour le moment), installé dans la Galerie de la Madeleine depuis 30 ans.

L’IMPRESSION

Cet immeuble est vraiment impressionnant, dans tous les sens du terme, et en tant que passionné d’architecture, j’en ai pris plein les yeux. Malheureusement, avant cela, les anciens magasins qui l’ont occupé depuis les années 1970 avaient caché les magnifiques escaliers, et il était donc impossible de se douter, quand on ne connaissait pas Tréca, qu’il renferme une telle oeuvre. La visite s’est parfaitement déroulée, avec des explications sur les moindres petits détails techniques et architecturaux, d’ailleurs, tous les systèmes de sécurité contemporain n’étaient pas du tout gênant grâce aux piliers et soutiers en fer forgé. En bref, une impressionnante visite d’un bâtiment qui laissera place à une librairie de toute beauté. Ainsi qu’une petite part de Rooftop qui laissait une magnifique vue sur le Beffroi, la rue de la mairie et la place d’Arme.

Merci à la Mairie de Douai et la conseillère à la culture pour la visite!

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