Neglected Elegance

Accessibilité
45%
Dangerosité
20%
Etat
95%
Intérêt
85%

“La véritable élégance consiste à ne pas se faire remarquer” G. Brummell

L’élégance est ici; un concept abstrait rendu à une forme nouvelle et dénuée de contemporanéité. Une forme née de l’humain et rendue à la nature seulement par ses couleurs, ses lumières et ses versions originelles.

DÉCOUVERTE

Devenu très connu grâce à ça, il a, il y a quelque temps, en juillet, fait parler de lui dans les journaux locaux par rapport à la propriétaire qui était mécontente des photographies soit-disant “volées” de sa propriété laissée à l’abandon, hors les mérites étaient vanté face aux respect indubitable des explorateurs et de la grâce du lieu laissé dans son état originel.

HISTOIRE

Construit à la fin du XIXe siècle dans les campagnes profondes de l’Artois, ce manoir est la plus vieille bâtisse du village et prône fièrement sa place aux bords des routes, se distinguant des autres maisons par son aspect imposant et sa couleur homogène grisâtre rappelant vaguement les manoirs Parisiens.

Avant qu’il soit racheté par les précédents propriétaires, son histoire est inconnue, et il faut le dire, jusqu’en 2017, elle était plutôt banale et franchement peu intéressante. Les habitants y vivaient des jours heureux dans les méandres de la routine la plus totale. C’est seulement en juillet dernier, pratiquement 19 ans après son abandon, qu’il a fait parler de lui, d’abord dans la presse anglaise, puis, par la suite dans la presse du Nord-Pas-de-Calais par rapport au désarroi de la propriétaire actuelle (la fille des anciens).  Malgré tout, une activité infime reste présente en voyant les quelques journaux de 2017 encore présent dans le manoir.

L’EXPLORATION

Comme dans tout bons lieux de ce genre, il y a toujours un petit stress de trouver le lieu inaccessible ou occupé, mais c’est les risques du métier et cela fait parti du jeu.

Après être entré facilement sur le terrain et par la suite par une fenêtre entrouverte, qui reste un accès assez facile, la première pièce visitée est la plus connue, le salon au piano. Qui présente, entre maintenant une magnificence unique et déconcertante. Tout y est toujours malgré le succès de ce manoir, et le charme est donc toujours à la une. Partition, portraits et peintures aux murs, tout y est disposé comme dans un musée pour laisser croire à une vie antérieure restée figée à jamais. Et ce détail qui fait la grande partie du charme de cette bâtisse est présent dans chacune de ses pièces.

Nous voyageons dans le temps dans chacune des pièces parfaitement conservées, avec une intense sensation de nostalgie comme si un très vieux pianiste jouait un air nostalgique qui planait partout à l’intérieur. La seconde pièce devait servir de deuxième salon pour télévision et la lecture. En face, la salle à manger, avec encore des lettres sur la table, attendait que les anciens propriétaire reviennent pour déguster un merveilleux repas. En passant par là, ça nous menait à d’autres pièces plus petites, qui devaient servir de cellier ou débarra, ainsi qu’à un petit escalier caché et la cuisine en elle-même, plongée dans le noir total mais présentant encore toutes les installations nécessaires à un repas des plus copieux. Le petit escalier, quant à lui, menait à une très mystérieuse chambre, bien plus petite que les autres (que j’évoquerai plus loin), jonchée de jouet et affaires d’enfants, mais elle aussi plongée dans le noir. Juste avant d’emprunter l’escalier, nous avons l’occasion d’admirer le couloir du rez-de-chaussée qui est au même titre que le reste du manoir, armoire pour manteau, tableaux peints à la main, fauteuils et meubles donnent ici aussi un charme unique.

Après avoir monté un escalier plutôt classique, nous avions atteint le corridor menant aux chambres et à la salle de bain dans un style plus ou moins art-déco, jonchée de parfums vides et de savons pourris. Juste en face, une chambre, très féminine, décorée de meubles roses, et de romans historiques et fictifs, donne un aspect glauque mais bel et bien serein à cet étage, ce qui nous réjoui encore plus pendant l’exploration. Les autres chambres, sont plus sombre et classiques, toutes deux, constituées, d’une cheminée, un lit, une armoire et quelques objets éparpillés par-ci par-là. Dans le couloir, est présent une impressionnante oeuvre en fer forgé, ressemblant de loin à un grillage d’époque.

En escaladant une nouvelle fois l’escalier, nous tombons sur un grenier, vaste, mais des plus normaux aux premiers abords, mais cette impression est très faussée par l’arrière-salle qui est dominée en son milieu par l’impressionnante maquette en bois d’une église qui n’est pas celle du village du manoir, mais bel et bien une autre non-identifiée. Juste avant cela, il s’y trouve une pièce, éclairée par une vive lumière avec, en son sein, un grand drapeau de la France maintenant en équilibre sur le sol, mais aussi par des clous pour lui redonner sa bonté, celui-ci est disposé juste derrière une chaise-haute pour bambin ce qui donne un aspect atypique à la pièce et à une interprétation très patriotique…

IMPRESSION

Au début, avant d’y arriver, nous avons eu assez peur que ce magnifique manoir soit fermé ou plus possible à explorer, mais en vain. Dotée d’une entrée assez simple pour un lieu en aussi bel état, il dégage une impression de bien être et de bonté, on s’y sent bien, et on souhaiterai y rester pas mal de temps pour profiter de sa beauté et de sa nostalgie qu’il laisse planer. En bref, c’est un magnifique manoir comme rarement nous pouvons trouver, alors qu’il est beaucoup visité. Bien que j’ai des gros doutes sur son avenir dans le monde de l’urbex, il garde un aspect très bon.

© Les photos présentes dans cet article sont protégées par le droit d’auteur.

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