Manoir Morte-Plante

Accessibilité
65%
Dangerosité
25%
Etat
80%
Intérêt
85%

“Le mystère de la salle de bain perdue”

C’est une chose flagrante mais qu’on ne prête pas attention au premier regard dans cette grande maison… Le nombre de plantes mortes dans chacune des pièces, même en revisionnant les photos, c’est impressionnant; mais pas autant que l’état de la bâtisse.

DÉCOUVERTE

Perdu dans une ville paumée en pleine campagne, le manoir est complètement caché par de grands et denses arbres, on remarque juste aux extrémités les deux grandes granges qui ne dissimulent pas grand chose par rapport à l’habitation. Celui-ci, je l’ai découvert complètement par hasard alors qu’on cherchait de nouveaux lieux.

HISTOIRE

Encore une fois, on ne sait pas grand chose de l’histoire complète du manoir, vu son architecture extérieure, je dirais qu’il datent du début du XXe siècle, maximum 1920, de l’époque des grandes fermes surmontées d’un petit ou moyen manoir pour les plus riches.

On a trouvé beaucoup de papiers sur les finances des anciens propriétaires disposés sur la table, les dernières dates trouvés dedans, ainsi qu’avec les calendriers affichés un peu partout et les cartes postales indiquaient clairement 2011, et même ce qui indiquait clairement un décès d’une des personnes qui y habitait en janvier 2011. Tout porte à croire que, petit à petit, les quatre personnes qui y vivaient sont décédés ou parties en maison de retraite au cours de cette année là. Deux couples, déchirés par la mort de l’un d’entre eux, des amitiés finis à la fin d’une vie bien remplie et difficile dans les dernières années.

Nous pensons aussi que la famille descendante est passé une dernière fois dans le manoir pour récupérer les principaux objets de valeur et l’ont laissé tel quel depuis, sans que jamais personne avant nous aient le soupçon de s’y introduire, même pas des voleurs.

L’EXPLORATION

L’exploration, après la jungle pour accéder au manoir, commence par une sorte de petite véranda étroite très claire et tristement décoré de dizaines de pots dont toutes les plantes ont été cramés par les cinq étés qu’elles ont vu passer aux travers du toit vitré. La décoration de celle-ci me fait beaucoup penser à celle de ma propre mémé, tables et chaises en PVC avec des petits rideaux qui séparent certaines pièces.

On poursuit par la première pièce qui attise notre curiosité; la grande et très vaste cuisine où tout y est, et même en surnombre. Dedans, clairement, on a l’impression que les occupants sont partis précipitamment, des choses sont encore dans le micro-onde, des casseroles encore pleines sur plaques au gaz (bien qu’elles soient remplies d’asticots…). On remarque aussi qu’ils étaient restés dans un mode de vie assez ancien, ils utilisaient encore des fours au charbon en même temps que ceux au gaz. J’ai aussi la belle impression que des animaux comme des chats y sont passés pour manger certaines denrées restées sur les plans de travail, il y a quelques pots de fleur (encore) tombés juste en bas d’endroits où des bocaux cassées sont encore là.

Nous poursuivons par une des salles à manger qui donne directement sur la véranda. Ici, par contre, beaucoup de chose ont été fouillés par la famille (et non par des voleurs, la différences est visible, eux auraient tout flanqué par terre ou sur les tables pour mieux voir, et ce, dans les moindres petits recoins.). On voit ici aussi qu’ils sont assez vite partis sans se soucier de rien, des tupperwares remplies de cartes postales sur la table, ainsi que des ustensiles, de l’argenterie sans valeur, des bocaux et un vieil appareil photo qui m’a bien fait rêver. On se rend facilement compte que, dans cette pièce, une des personnes âgées y vivait sur la fin de sa vie, un matelas, ainsi qu’un frigo et un micro-ondes alors qu’il y en avait deux pièces plus loin, on s’imagine un peu la fin de vie très dure que cette personne a vécu. Ce que je retiens aussi assez facilement, c’est le nombre de petits objets sur les murs avec la tapisserie toujours aussi vieillotte.

Au fond de cette pièce, s’y trouvait un ancien bureau, tout droit sorti du passé, ici aussi, la famille a dû fouiller dans les papiers pour retrouver quelconque héritage ou je ne sais quoi… mais encore une fois très peu de choses à terre. Tout y était encore disposé parfaitement dans le reste de la pièce, comme si quelqu’un y vivait encore, la radio avec le fil enroulé autour, la télévision surmontée d’une poupée très creepy en face de la petite chaise, les clefs encore sur le pendoir, etc…

Pour accéder aux autres pièces, on passait par un petit corridor très étroit qui devait être un enfer pour les anciens propriétaires âgées, pourtant, il était bien garni par divers meuble, et, ce qui m’a bien étonné, c’est qu’on a retrouvé plusieurs packs de bière et panaché encore plein, bouteilles encore capsulées. Le reste était peuplée d’objets en tout genre, que chaque vieille personne nostalgique accumule à force.

Nous passons ensuite à la seconde salle à manger, bien plus flippante, très sombre, très humide avec certains pans de mur où la tapisserie s’en va littéralement et encore énormément de plantes desséchées. D’ailleurs, bien plus tard lors de l’exploration, nous avons découvert un très vieux ourson en peluche sur le fauteuil complètement caché par la tapisserie renversée sur lui. Il y avait une urne très louche sur le milieu de la table, nous n’avons pas osé l’ouvrir, la curiosité a ses limite…

Tout au fond encore, une troisième salle à manger, cette fois aussi, bien pire que la précédente mais dans un état impeccable, aucune trace d’humidité et même très peu de poussière. Pour la première fois dans une maison comme celle-ci, j’ai eu envie de me poser sur une des chaises, à boire une bière dans cet espace très cosy, bien que trop nostalgique à mon gout, il y avait tout de même une atmosphère très reposante qui y planait.

A l’autre du bout du couloir, un vieil escalier se présentait à nous, en haut, tout était si vieux et austère, le corridor de l’étage s’étendait jusqu’à une fenêtre qui nous permettait par moment de surveiller si personne ne venait à nous. Plusieurs chaises avec encore les gilets sur le dossier étaient disposées contre le mur, comme pour une salle d’attente, et deux portes de chaque côté nous laissaient apparaître quatre chambres bien différentes les unes que les autres.

Nous commençâmes par celle du fond à droite, une chambre verte très bien rangée, armoire encore pleine, avec, sur le lit, un petit sac et des vêtements comme si quelqu’un était prêt à les mettre pour se rendre en ville. A cet étage, on a remarqué beaucoup de représentation du Christ ainsi que des croix dans chacune des chambres. Malheureusement, cette chambre verte était la plus intéressante et en l’état, les trois autres, mise à part celle d’en face, étaient plongées dans le noir complet qui ne nous permettait pas de faire de belle photos, et avaient été très largement fouillées par la famille, celle en face était dans un style plus années 1960 à la sauce creepy; beaucoup de choses disposées sur le lit, ainsi qu’un superbe album photo, je me suis demandé comment la famille pouvait laisser tant de souvenirs alors qu’elle s’est compliquée à récupérer les objets de valeur…

Cet étage fini, nous sommes passé au grenier, qui était, pour une fois, assez vide, mais avec une atmosphère et une température très lourde, il y avait seulement de très vieux vélos et d’autres ustensiles de jardin ou bricolage sur les bords. Il était tout de même assez beau, qui rendait bien nostalgique.

Le manoir fini d’exploré, après près de deux heures entières dedans à observer chaque petit recoin qui étaient tous aussi intéressant les uns que les autres, nous nous sommes posé une question fatidique… “Mais où-est la salle de bain?”, car on a eu beau regarder dans chacune des pièces hors véranda si on avait pas manqué une porte, un corridor ou un escalier, dans tout le manoir entier, pas moyen de la trouver, c’est alors que, lors du traitement des photos, et avec Loïs (qui avait fait une exploration de son côté la veille de la notre), on a repensé à cette porte verte au fond de la véranda, de mon côté, nous n’avions pas essayé de l’ouvrir, mais apparemment, elle était bien fermée. Au début, ça me semblait bizarre une salle de bain derrière celle-ci, mais au final, pourquoi pas?

On poursuivit l’exploration par les dépendances, une première, pratiquement collée au manoir nous laissait voir d’anciens abreuvoirs pour chevaux? ou vache? je ne sais pas les reconnaître… Pour voir les deux autres, il fallait lutter avec la broussaille extérieure. La seconde renfermait une petite caravane des années 1960 en assez mauvais état ainsi que de vieux outils complètement rouillés qui commencent à se fondre avec le sol. Collée à elle, une autre dépendance était présente, mais nous n’avons trouvé aucune entrée. Tout devant, collé à la rue, la dernière grange, très grande mais vide et assez risquée, bien que l’on soit dans un village très calme, il n’y avait d’une vieille remorque rouillée.

La visite se termina là, un très beau manoir qui rend nostalgique et qui nous fait beaucoup penser aux maisons de nos grands parents. Il reste juste le mystère de la salle de bain perdue.

L’IMPRESSION

Franchement, en parlant au niveau résidentiel, j’ai jamais été aussi impressionné par un manoir (je le mettrais bien au dessus de la Maison Boon d’ailleurs),  on a clairement l’impression que quelqu’un y vit encore, tout y est tel quel, chaises rangées, armoires remplies, etc… S’il n’y avait pas les quelques signes, surtout extérieurs qui montre que le manoir est à l’abandon, on aurait du mal à y croire. D’ailleurs, ça m’étonne qu’un tel lieu, ait une entrée aussi simple (bien que dissimulée).

Au final, je suis très content du résultat final, et je pense y tenter d’autres explorations, je suis sûr qu’on a manqué pas mal de chose parmi la multitude que nous avons découvert. C’est juste dommage que le lierre et les arbres cachent l’architecture extérieure du manoir, je suis sûr qu’il est aussi beau à voir.

Merci à Slaine et ma sœur Élisa pour l’exploration, et aussi à Loïs, Robin et Valentin!

© Les photos présentes dans cet article sont protégées par le droit d’auteur.

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