Jardin Public de la Fonderie

Non loin du quai du petit bail à Douai, près de la place St Amé se trouve les jardins de la Fonderie, un lieu très paisible et empli d’histoire où promeneurs, curieux et habitants de la ville aiment se retrouver et s’y poser pendant quelques temps.

L’histoire de ce lieu commence dès le XIe siècle avec la construction d’un premier donjon qui remplaça celui en bois érigé là au IXe siècle, non loin de la collégiale St Amé (aujourd’hui disparue), dont le puits est encore visible de nos jours. Rapidement, s’en suit la construction du Château des Comtes de Flandre, qui était, à son époque, l’exacte jumeau de celui de Gand. En effet, à cette époque, Douai était un comptoir commercial très riche, situé, comme Arras, à la frontière entre la Flandre et le Royaume de France, beaucoup de marchandises, comme les céréales, les draperies, s’arrêtait par la ville pour passer ensuite au sud du pays.

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Maquette du Château des comtes de Flandres de Douai - Castrum Duacum - Crédit photo: Arkéos

Au temps des Pays-bas Espagnols, entre 1556 et 1667, le château n’eut aucun incident, cependant, la ville était divisée, en tant que territoire frontalier, entre le Royaume et la Flandre, toujours étroitement dicté par la religion, avec ses deux collégiales déjà imposantes pour l’époque.

En 1667, lors de l’invasion de Louis XIV en Flandre, Douai fut assiégée et prise en trois pas Vauban, qui attaquait aussi Lille profitant de la proximité des deux villes, ce qui mena à la Paix d’Aix-la-Chapelle. Le château fut alors détruit pendant l’insurrection, et il ne restait que des gravats à la fin du conflits, ceux-ci furent utilisées pour divers monuments encore présents dans la cité de nos jours.

Avec la militarisation importante de la ville par le Roi, en 1669, une fonderie fut édifié sur l’emplacement du château, dirigée par Jean-Jacques Keller et Hans Johann-Balthazar Keller vom Steinbock. Rapidement, beaucoup d’éléments d’architecture Classique, comme le porche qui est toujours présent de nos jours, sont ajoutés au bâtiment.

Élément important pour la ville en 1789, la fonderie fut gardée par les révolutionnaires, mais malheureusement, la collégiale qui demeurait toujours à côté fut entièrement démolie. Dès le début du XIXe siècle, elle fut confiée aux officiers d’artilleries demeurant à Douai. Napoléon Ier y fait d’ailleurs expérimenter les premiers canons à obus de 8 pouces pour ensuite en commander pour l’Île d’Aix.

En 1825, la fonderie est entièrement reconstruite en forme de fer à cheval à partir de certains éléments déjà existants. Ce qui permet d’y assigner trois fours de fusion de bronze, ce qui permettait de couler entre 300 et 450 canons en une année. Durant toute la durée de vie de cette fonderie, énormément d’essais sont réalisés sur la résistance à long terme des canons, aux niveaux des matériaux et de la cadence, ce qui, bien évidemment, augmentait considérablement les coûts de production. Cependant, la confiance était toujours présente, ce qui amena petit à petit à la disparition des canons en fonte de fer.

Avec la stagnation de l’artillerie dès 1860, la production commence à baisser, et rapidement, une nouvelle fonderie industrielle plus moderne voit le jour à Bourge, point géographique stratégique pour le haut commandement Français; celle-ci est équipée de machines à vapeur et engins modernes pour l’époque. Ce qui entraînera la fermeture des trois fonderies “frontalières” Françaises; donc celle de Douai, Strasbourg et Toulouse. Un dernier canon incroyable fut coulé pour ensuite définitivement éteindre les machines; le “Prince Imperial”. La fonderie fut utilisée jusqu’en 1867 pour les canons, puis fut reconvertie pour la fabrication de munition, un changement qui perdura jusqu’en 1918 pour aider aux efforts de guerre.

En 1936, le site est déclassé et racheté par la ville. Ensuite, après la WWII, il est reconverti en locaux provisoires pour un lycée technique prénommé “Le Centre Charcot”, pour ensuite être abandonné jusqu’en 1976, où des fouilles archéologiques sont effectuées. Re-classifié dès 1987, l’enceinte est rénovée, et une magnifique résidence pour personnes âgées voit le jour entre 1988 et 1989. Les jardins publics son inauguré en mars 1990.

Depuis, “La Furibonde”, un canon forgé en 1744 par Jean-François Bérenger, a rejoint le jardin grâce à un don du musée de l’Armée de Paris. Il pèse plus de deux tonnes et portes les armes de Louis-Charles de Bourbon ainsi qu’un soleil en référence au roi de l’époque.

De plus, nous pouvons retrouver des canons coulés à Douai partout en Europe, à l’Hôtel des Invalides à Paris, à la Tour de Londres, et même au musée de l’école de West Point aux Etats-Unis.

Ces jardins publics renfermer un véritable pans de l’histoire Flamande, Douaisienne et Française.

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